Mouvoir les mains comme les nuages
18 août 2008
J’ai beau me tromper tout le temps, on dirait que le vrai me suit partout, surtout quand je le cherche le moins.
Assise dans l’autobus, je regarde les nuages, de diverses tailles et altitudes, qui courent dans le ciel à des vitesses variables. Ils ont tant de choses à me dire, dans leur langage de vent, sur la loi de la relativité, sur le cycle de l’eau, sur le réchauffement climatique, sur les agencements de couleurs et de textures, sur la perspective, sur les mythologies, sur ma petitesse relative et sur les capacités étonnantes de mon corps et de mon esprit qui me permettent d’examiner ces géants. Ces nuages sont de véritables encyclopédies. Proust ne voyait-il pas toute son enfance, jusqu’aux détails des fleurs et des jardins, dans une tasse de thé ?
Les nuages me disent que la peur n’existe pas dans le monde. Que je suis celle qui l’a inventée. Il me laissent croire que la sagesse pourrait être une chose facile.
Il faut avoir de l’ambition, paraît-il. Travailler, avoir du succès, faire de l’argent. Toujours en vouloir un peu plus. Je n’y comprends rien.
destroy all dreamers…
5 août 2008
Ça prend beaucoup de jus de canneberge pour noyer une tristesse, même modérée. J’ai renoncé à l’alcool qui me donnait trop de lendemains. Il y a encore la présence à gérer, par contre.
Il faudrait enfoncer la porte. Il y a des ombres là-dedans, des nuages, des tempêtes de neige. Les câbles sont gelés. Le signal est codé et arrive par intermittences. Je ne suis pas toujours au poste pour écouter. Parfois, je saisis presque un mot. Quels sont ces mouvements cachés ? Qu’est-ce qui me manipule à bouger ainsi, à marcher, qu’est-ce qui me force à survivre dans la blancheur totale ? La beauté se révèle parfois dans une lumière sourde, mais la déception la suit pas à pas. À quand la beauté de la déception ?
Tout a déjà été dit. Tout ce que l’on dira est inutile. La vérité ne peut être exprimée. C’est pourquoi elle ne peut être vendue.