Sonnez les cloches
Sonnez ces cloches de chagrin
La liberté est arrivée

Nous avons attendu si longtemps
Longtemps comme ce n’est pas possible
La liberté nous a quittés

Remue cette queue
Comme toute autre âme inquiète
La liberté est arrivée et elle nous a quittés

Le train à vapeur s’en vient
Ses treize étages de haut
Si ce train ne vient pas
Je jure que je vais m’étendre et mourir

La ville creuse ses canyons
Tout encombrés de neige sale
Et sous ses tours crasseuses
Nos petits corps sont traînés aux quatre vents

Allez noyez les cloches
Noyez donc ces maudites cloches
La liberté est arrivée et elle nous a quittés

Nous n’étions que des oiseaux chancelants accrochés au ciel
Et nous traînions nos os le long des routes dans le tumulte et sans savoir pourquoi
Et comme nous allions claudiquant vers ces lendemains incertains
Je jure que tout ce à quoi je croyais
C’était à nous ensemble tout le temps

Nous n’étions que deux oiseaux abattus qui tombaient dans le ciel
Nous avons construit nos chaumières le long des routes commerciales sans demander pourquoi
Et comme nous allions claudiquant vers ces lendemains incertains
Je jure que tout ce à quoi je croyais
C’était à nous ensemble tous seuls

Imagine la vue
D’un hélicoptère mitrailleur
Un homme apparaît
Tu appuies sur un bouton
Tu coupes l’homme en deux
Imagine la vue
Quand ils transmettent cette merde par satellite
Ils appuient sur un bouton et à ce moment
Toute la merde du ciel te tombe dessus

Imagine la vue

4 minutes

21 août 2008

Ce n’est qu’un mauvais rêve
Bientôt je me réveillerai
Quelqu’un viendra me chercher

Courant, fuyant les bombes
Cachés dans la forêt
Courant dans les champs

Couchés sur le sol
Comme tous les autres
Marchant sur les têtes

Fuyant les souterrains
C’est l’alerte
Vous avez 4 minutes

Je ne veux pas l’entendre
Je ne veux pas savoir
Je veux seulement m’échapper

Ce n’est qu’un mauvais rêve
Bientôt je me réveillerai
Quelqu’un viendra me chercher

C’est l’alerte
Il reste 4 minutes

Je plonge dans le fleuve et que vois-je ?
Des anges aux yeux noirs nagent avec moi
Une lune étoilée où filent les chars célestes

Tous les visages que je voyais
Tous mes amours sont là avec moi
Tout mon passé tout mon futur
Et nous allons au ciel dans une petite barque

Il n’y a rien à craindre, il n’y a aucun doute

Je plonge dans le fleuve…