Mouvoir les mains comme les nuages

J’ai beau me tromper tout le temps, on dirait que le vrai me suit partout, surtout quand je le cherche le moins.

Assise dans l’autobus, je regarde les nuages, de diverses tailles et altitudes, qui courent dans le ciel à des vitesses variables. Ils ont tant de choses à me dire, dans leur langage de vent, sur la loi de la relativité, sur le cycle de l’eau, sur le réchauffement climatique, sur les agencements de couleurs et de textures, sur la perspective, sur les mythologies, sur ma petitesse relative et sur les capacités étonnantes de mon corps et de mon esprit qui me permettent d’examiner ces géants. Ces nuages sont de véritables encyclopédies. Proust ne voyait-il pas toute son enfance, jusqu’aux détails des fleurs et des jardins, dans une tasse de thé ?

Les nuages me disent que la peur n’existe pas dans le monde. Que je suis celle qui l’a inventée. Il me laissent croire que la sagesse pourrait être une chose facile.

Il faut avoir de l’ambition, paraît-il. Travailler, avoir du succès, faire de l’argent. Toujours en vouloir un peu plus. Je n’y comprends rien.

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