Platon et l’éternel épilogue

Nous vieillissons. Le monde n’a de cesse d’inventer de nouveaux événements, même si j’ai déjà l’impression d’avoir vécu la fin. Les événements les plus banals, longtemps restés en suspens dans une position que l’on croyait désormais fixe, même longtemps oubliés, réapparaissent au moment le plus inattendu pour prendre une nouvelle signification. L’idée platonicienne du Beau s’incarne sous divers visages, qui eux aussi sont brisés par la vie, vieillissent et meurent, ou deviennent tout simplement mornes et inintéressants. Les même personnages reviennent sous des noms différents. Ils sont en nombre très limité en réalité; quelques 18 années suffisent pour en faire le tour. J’ai parcouru le cycle presque deux fois déjà. Certains sont revenus plus de deux fois. Parfois, quelque chose demeure. Un détail insignifiant, une pointe d’humour, une poussière, une légère faiblesse. C’est peut-être ce à quoi se réduit l’âme, mais ce serait déjà beaucoup. Dans ce film sans script, il y a bien une ligne directrice, ce « moi » auquel bien sûr je ne peux pas échapper, mais qui fait toute ma pertinence dans ce monde, en étant unique.
Ce que les plus jeunes ne savent pas encore, mais qu’ils ne tarderont pas à apprendre au péril de leur vie, c’est que les âges plus tardifs d’une existence ne sont pas distincts des précédents. C’est la même vie qui continue, si bien que tous les vieux ont été jeunes et, dans plusieurs cas, la vie peut n’être qu’une série de notes en marge de la jeunesse.

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Ring Them Bells (Freedom has Come and Gone)

Sonnez les cloches
Sonnez ces cloches de chagrin
La liberté est arrivée

Nous avons attendu si longtemps
Longtemps comme ce n’est pas possible
La liberté nous a quittés

Remue cette queue
Comme toute autre âme inquiète
La liberté est arrivée et elle nous a quittés

Le train à vapeur s’en vient
Ses treize étages de haut
Si ce train ne vient pas
Je jure que je vais m’étendre et mourir

La ville creuse ses canyons
Tout encombrés de neige sale
Et sous ses tours crasseuses
Nos petits corps sont traînés aux quatre vents

Allez noyez les cloches
Noyez donc ces maudites cloches
La liberté est arrivée et elle nous a quittés

Nous n’étions que des oiseaux chancelants accrochés au ciel
Et nous traînions nos os le long des routes dans le tumulte et sans savoir pourquoi
Et comme nous allions claudiquant vers ces lendemains incertains
Je jure que tout ce à quoi je croyais
C’était à nous ensemble tout le temps

Nous n’étions que deux oiseaux abattus qui tombaient dans le ciel
Nous avons construit nos chaumières le long des routes commerciales sans demander pourquoi
Et comme nous allions claudiquant vers ces lendemains incertains
Je jure que tout ce à quoi je croyais
C’était à nous ensemble tous seuls

Imagine la vue
D’un hélicoptère mitrailleur
Un homme apparaît
Tu appuies sur un bouton
Tu coupes l’homme en deux
Imagine la vue
Quand ils transmettent cette merde par satellite
Ils appuient sur un bouton et à ce moment
Toute la merde du ciel te tombe dessus

Imagine la vue


Thrash can

Qu’allons-nous faire de cette douleur ?
Courir, la fuir ?
Elle nous poursuivra.
La jeter par la fenêtre ?
Il faudrait s’y jeter aussi.
La couper, l’extraire ?
Mais de quel membre l’enlèvera-t-on ?
Dormir ? Elle hantera nos cauchemars.
Prendre des drogues ?
Elle s’amplifiera, on l’hallucinera.
Il n’y a rien à faire.
Dans mon iPod je mettrai de la musique
La plus bruyante possible
À un volume inimaginable
Jusqu’à ce que mes oreilles saignent
Jusqu’à ce que mes tympans éclatent
Jusqu’à ce que la musique soit la plus atroce des douleurs
Jusqu’à ce que je comprenne
Que je suis cette musique
Que je suis cette douleur.


Vue sur le parc

Comme j’admire le courage
De ceux qui entretiennent l’espoir
Vacillant, sur deux pattes
Sous les nuages de smog