Platon et l’éternel épilogue

Nous vieillissons. Le monde n’a de cesse d’inventer de nouveaux événements, même si j’ai déjà l’impression d’avoir vécu la fin. Les événements les plus banals, longtemps restés en suspens dans une position que l’on croyait désormais fixe, même longtemps oubliés, réapparaissent au moment le plus inattendu pour prendre une nouvelle signification. L’idée platonicienne du Beau s’incarne sous divers visages, qui eux aussi sont brisés par la vie, vieillissent et meurent, ou deviennent tout simplement mornes et inintéressants. Les même personnages reviennent sous des noms différents. Ils sont en nombre très limité en réalité; quelques 18 années suffisent pour en faire le tour. J’ai parcouru le cycle presque deux fois déjà. Certains sont revenus plus de deux fois. Parfois, quelque chose demeure. Un détail insignifiant, une pointe d’humour, une poussière, une légère faiblesse. C’est peut-être ce à quoi se réduit l’âme, mais ce serait déjà beaucoup. Dans ce film sans script, il y a bien une ligne directrice, ce « moi » auquel bien sûr je ne peux pas échapper, mais qui fait toute ma pertinence dans ce monde, en étant unique.
Ce que les plus jeunes ne savent pas encore, mais qu’ils ne tarderont pas à apprendre au péril de leur vie, c’est que les âges plus tardifs d’une existence ne sont pas distincts des précédents. C’est la même vie qui continue, si bien que tous les vieux ont été jeunes et, dans plusieurs cas, la vie peut n’être qu’une série de notes en marge de la jeunesse.

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