Amor fati

Mes yeux ne m’appartiennent pas
Ils appartiennent aux beautés sur lesquelles ils se posent
Accidentellement

Mes pensées ne m’appartiennent pas
Elles appartiennent aux pigeons voyageurs qui les portent
Ostensiblement

Mes mains ne m’appartiennent pas
Elles appartiennent aux bras, et aux choses, qui les manœuvrent
Discrètement

Mon corps ne m’appartient pas
Il appartient au tissu de ma vie qui l’enveloppe
Imperceptiblement

Ma vie ne m’appartient pas
Elle appartient aux décisions pas encore prises
Qui se répètent depuis l’éternité

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