Pas de compassion sans douleur

Le plus dur, ça reste encore la souffrance des autres. Car la souffrance ouvre le cœur et y provoque une perméabilité des émotions; en voyant la souffrance des autres, je reconnais et ressens la mienne, de même, en éprouvant ma douleur, je peux aussi ressentir et comprendre celle des autres. Mais si la mienne est familière, contenue dans des limites bien connues et, dans un certain sens, maîtrisable, celle de l’autre est inconnue, hors contrôle et, de ce fait, infinie et effrayante.

Et si on a, tant bien que mal, trouvé une certaine manière de s’accommoder de sa propre souffrance, on n’a aucune prise sur la capacité des autres à vivre avec leurs propres ombres.  Il n’y a pas deux cieux gris identiques; il semble y avoir une bien plus grande variété de nuances dans ceux-ci , contrastant avec la relative banalité des cieux sans nuages. Le plaisir est plus bête que la tristesse, il se comprend et se partage plus facilement. La douleur, polymorphe, peut être difficile à reconnaître.

Certes, on peut éprouver ce souci plein d’impuissance et malgré tout demeurer d’un incorrigible égocentrisme. Les possibilités schizophréniques de l’esprit humain n’ont pas de limites.

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