Où le vice ordinaire apparaît presque comme un moindre mal

« L’esprit chrétien a toujours été hanté par le sentiment que les péchés des saints sont pires que les péchés des pécheurs et que, mystérieusement, celui qui lutte pour le salut est plus proche de l’enfer que la prostituée ou le voleur éhontés. Il a reconnu que le Diable est un ange, et qu’en tant que pur esprit il n’est pas vraiment intéressé par les péchés de la chair. Les péchés selon le cœur du Diable sont les dédales de l’orgueil spirituel, les labyrinthes de la déception de soi et les subtiles moqueries de l’hypocrisie, où le masque se cache derrière le masque, puis derrière un autre masque, et où la réalité est entièrement perdue.

Celui qui voudrait être saint marche droit dans les mailles de ce filet parce qu’il voudrait devenir un saint. Son « je » trouve la sécurité la plus profonde dans une satisfaction d’autant plus intense qu’elle est si intelligemment dissimulée – la satisfaction d’être contrit de ses péchés, et contrit de tirer orgueil de sa contrition. »

Alan Watts, Éloge de l’insécurité, p.144

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