Schrödinger et l’art de l’entretien des coeurs blessés

L’été 2013 a été l’observatoire des passions tristes.

J’ai assassiné le chat de Schrödinger, deux couteaux à travers la boîte, sans même l’avoir vu. J’ai vu défiler en morceaux détachés tout le film de ma vie, comme si j’étais un peu le chat moi aussi. Le changement de peau prend du temps à s’effectuer. On finit par perdre des morceaux de soi à courir vite pour semer un cœur lourd. La couenne arrachée, on voit le monstre à découvert. On peut vouloir remettre un couvercle, mais il est endommagé.

La vie est un cycle d’offenses reçues et déjà données. Les mêmes, on n’invente pas ça. Je ne crois pas qu’on puisse avoir tort d’aimer. Je crois que le pardon vient en son temps, que tout laisse une trace sur nos âmes scarifiées, que la force peut se mesurer en nombre de cicatrices. Amour et blessure sont tous deux des cadeaux. Irrationnellement, on en viendra à penser que la souffrance est belle. La vie malgré tout est une belle erreur, ornée presque toujours d’un vernis d’illusion. Qui pourrait prétendre y échapper ? La pire faute consistera toujours à se croire lucide. Dans le doute, pardonner de son mieux et avoir de la gratitude pour le verre brisé.

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