Les yeux de la plume

On ne voit jamais le monde qu’à travers ses propres yeux. Comme il m’est arrivé de plaindre les photographes, contraints trop souvent à ne voir le monde qu’à travers la lentille de leur appareil ! Même si cet exercice les force, en réalité, à regarder les choses avec beaucoup plus d’insistance que nous ne le faisons normalement, il pousse l’observateur extérieur à croire, à tort ou à raison, qu’il s’agit d’une contrainte excessive sur l’usage des perceptions, qui impose un filtre et qui crée une distance entre le monde vu et le monde vécu.

Moi, par exemple, même si je ne suis pas vraiment écrivain, j’ai l’impression d’avoir toujours eu une plume à la place des yeux. C’est à se demander si je vis pour raconter, ou si je raconte pour vivre, ou les deux. Dans tous les cas, j’ai souvent l’impression de passer à côté des événements, tant est pesant et agressif en moi le désir de tout convertir en récit, et surtout de le faire en utilisant des mots. C’est peut-être que les mots me fascinent plus que les faits et les actes en eux-mêmes, ou qu’ils me fascinent au moins autant, tant il m’est arrivé souvent de me surprendre à chercher les mots exacts pour décrire quelque chose que je n’avais pas encore fini de vivre, comme si mes mots étaient toujours en déficit de matière sur laquelle s’exercer. Je devrais constamment me rappeler à moi-même que de vivre et de réellement percevoir les choses est important aussi, surtout si on veut les décrire avec précision après coup, mais j’oublie, trop souvent, et je sacrifie absurdement ce que j’ai sous les yeux pour ne rien perdre au récit que je suis en train d’en faire.

Parfois aussi, j’ai des mots à l’esprit qui sont comme orphelins, qui n’ont rien à décrire, mais qui sont  là et trop beaux pour être gaspillés. Parfois, je mets en place toutes sortes de mises en scène juste pour les utiliser, même si, en général, la vie s’accommode mal des mises en scène organisées. Ou alors, je mets d’autres mots avec pour essayer de leur faire signifier quelque chose.

Il ne me faut pas oublier que les mots sont les servants de la vie, et non l’inverse. Mais cette vie, on peut aussi avoir parfois l’impression que c’est quelqu’un qui l’écrit au-dessus de nous, malgré nous, et qui nous balance pour son bon plaisir (ou celui de ses lecteurs) dans toutes sortes de péripéties. Le mien, il a beaucoup d’imagination, je trouve, bien plus que je ne pourrais jamais en avoir, même si j’ai remarqué parfois une certaine redondance au niveau des personnages, mais c’est quelque chose que je pourrais lui pardonner facilement, s’il existait assez pour avoir quelque chose à se faire pardonner.


Le chant d’Ulysse

Je travaille en classe, pour la première fois, le récit des camps de la mort de Primo Lévi, Si c’est un homme. Bien que littéraire par sa forme, l’ouvrage abonde en questions et en réflexions philosophiques. Mais il y a un chapitre que les étudiants trouveront sans doute inutile et dépourvu d’intérêt : il s’agit du chapitre 11, intitulé « Le chant d’Ulysse ».

Les événements qui s’y déroulent sont plutôt simples : l’auteur-narrateur marche avec son ami Jean pour aller chercher la soupe de leur kommando. En prenant des chemins détournés, ils peuvent faire durer le trajet environ une heure sans attirer les soupçons, s’épargnant ainsi une heure de travaux pénibles. Les amis veulent meubler cette heure de relative accalmie avec une conversation signifiante; Primo est italien, Jean est français et veut apprendre l’italien, ils décident d’entreprendre les leçons sur le champ. Primo se rappelle un extrait de la Divine comédie de Dante, jadis apprise par cœur, qu’il cite d’une mémoire intermittente, et traduit tant bien que mal en français. De cet événement anecdotique, banal, émerge un horizon de sens : une sorte de rappel, improbable en ces lieux où l’homme détruit l’homme, de ce que signifie réellement être humain, et un sens de l’urgence pour ramener à la mémoire cette conception de dignité humaine que tout autour d’eux semble fouler aux pieds.

« … Le chant d’Ulysse. À savoir comment et pourquoi cela m’est venu à l’esprit : mais nous n’avons pas le temps de choisir, cette heure n’est déjà plus une heure. Si Jean est intelligent, il comprendra. Il comprendra : aujourd’hui, j’en suis sûr. » (Primo Lévi, Si c’est un homme, p. 173)

Ils ne verront jamais quoi que ce soit qui ressemble vaguement à un camp de concentration, ils n’ont rien à cirer de la Divine comédie; qu’à cela ne tienne, évoquons une situation qui leur sera plus familière. Demandons-leur d’imaginer qu’ils sont seuls en voiture avec cette personne qui leur plaît particulièrement et que c’est l’occasion rêvée de lui dire ce qu’ils ressentent. Le trajet a un but et une durée bien déterminés; avant et après, d’autres personnes seront présentes, ou la personne ne sera plus là. On dispose donc d’une fenêtre bien circonscrite pour dire ce qu’on a à dire, et l’occasion est trop belle pour être manquée. Bien sûr, des vérités aussi déterminantes ne se lancent pas n’importe comment, on attend donc le moment propice, mais voilà que la discussion n’évolue pas nécessairement dans la direction voulue, et on sent que le temps file, et on voit déjà la trame de sa vie future se diviser en deux branches, et il faut prendre la bonne branche maintenant. Bien sûr, de telles occasions pourraient se produire à nouveau, mais qui sait ce qui pourrait arriver, on pourrait mourir demain, ou l’autre personne pourrait s’exiler, ou tomber très malade… Mieux vaut ne pas vivre avec de tels regrets. Alors, on glisse subtilement des indices dans la conversation, pour faire une sorte de piste en miettes de pain que la personne suivra bien jusqu’à ses conséquences logiques si elle a l’intelligence qu’on croit, et qu’elle comprendra, ne serait-ce qu’à retardement.

C’est exactement la manière dont le jeune Lévi se sent quand il marche avec Jean dans les sentiers boueux qui mènent aux cuisines, si on fait abstraction, bien sûr, de l’élément sentimental. Mais il serait bête de réduire même l’illustration qui précède à son enjeu romantique; l’essentiel est ailleurs, dans l’urgence de faire ressortir, du plate itinéraire de nos vies, la trame et la valeur essentielles, dans l’urgence de dire ce qui doit être dit et de vivre pour ce qui en vaut la peine. Pour le häftling Lévi, l’urgence, à ce moment-là, c’est de se remémorer, et de partager avec son ami le secret de la dignité humaine, occulté, couvert de boue, piétiné par leurs bourreaux, presque oublié, car de cette idée dépend tout le sens de leur lutte à la survie; sans elle, ils ne sont plus que des bêtes. « Considérez quelle est votre origine : Vous n’avez pas été faits pour vivre comme brutes. Mais pour ensuivre et science et vertu. » (ibid., p.176)

Si ce récit peut nous parler aujourd’hui, c’est que cette urgence est aussi la nôtre. Nous vivons tous les jours dans l’urgence, mais celle-ci n’est pas toujours bien comprise. Nos vies ressemblent trop souvent à une course : course contre la montre, course avec soi-même où on est trop souvent vaincu, course les uns contre les autres d’où émerge un sentiment malsain de compétition. Nos contemporains ont forgé le concept de fear of missing out : la peur que l’événement culturel d’envergure, à ne pas manquer, nous échappe, ou que certaines manifestations d’intérêt, tout simplement, nous échappent, à cause de leur surabondance et du fait que nous sommes perpétuellement sollicités. Films et pièces de théâtre à voir, musique à entendre, pays à visiter, expériences à vivre, et à côté de tout ça il faut bien travailler, entretenir sa vie sociale, ses relations, ses liens familiaux, et donner à tout le monde l’impression d’être heureux et en santé… Devant l’accumulation, il est compréhensible qu’on ait parfois envie de crier grâce de toute cette stimulation excessive, désensibilisante. À mesure qu’on s’enfonce dans l’âge adulte, il y a aussi l’urgence de « réussir » dans la vie, mais encore, selon quels standards ?

L’urgence que ressent Primo Lévi, celle que nous pourrions et devrions ressentir encore aujourd’hui, ce n’est pas celle-là. Car urgence il y a, et si nous ne savons pas où chercher, nous pourrions bien être aspirés dans des tangentes qui nous prendront les années de notre vie et plus encore. De quoi donc y a-t-il urgence ? La question est fondamentale. Je tenterai une hypothèse : découvrir, et partager, le sens, la vraie profondeur de notre vie. Il y a trois termes majeurs. L’objet de l’urgence : le sens. Les deux actions à entreprendre de toute urgence : découvrir et partager. Chacun de ces termes mériterait une étude détaillée; je me limiterai pour l’instant à quelques pistes de réflexion.

Découvrir : La course évoquée plus haut, sans être essentielle d’aucune manière, comporte suffisamment de prise sur nos vies pour nécessiter un arbitrage sans lequel tout est perdu. Deux personnes différentes, dans deux contextes différents, me disaient dernièrement : « il faudrait pouvoir arrêter le temps. » Il y a un fond de vérité dans cette affirmation, mais peut-être pas dans le sens envisagé initialement par mes interlocuteurs. Arrêter le temps est un beau rêve, certainement irréalisable car il s’oppose d’une manière fondamentale aux lois les plus élémentaires et inflexibles de la nature. Pourtant, nous vivons quelquefois, en de rares et précieuses occasions, des instants qu’on peut convenablement appeler des moments d’éternité. Ces moments-là ne nous permettront pas de faire le ménage, ni d’avancer les corrections, ni de reprendre le retard accumulé de notre vie sociale, mais ils suffiront peut-être, si on leur prête attention, à donner le sens qui est la seule chose réellement nécessaire de notre vie, et qui permettra de vivre avec l’insuffisance de tout le reste. Comment définir un tel moment ? Pourrais-je en donner des exemples ? Les limites du concept sont floues (et je les laisse volontairement ainsi), les exemples seraient immanquablement quétaines et inaptes à communiquer l’idée évoquée. Tout ce que je sais, c’est qu’un tel moment détonne par son aspect vertical, profond à l’infini, sur l’horizontale linéarité du temps de notre vie, qu’il échappe à toute possibilité de quantification et qu’il est, littéralement et par définition, hors du temps. Si l’objet de l’urgence est ainsi hors du temps, il peut bien ne prendre aucun temps à découvrir, et de ce fait, invalider toute forme de nécessité d’un sentiment d’urgence. Celle-ci demeure pertinente surtout en raison des tergiversations qui précèdent et suivent, et qui absorbent à elles seules l’entièreté du temps de notre vie. Voilà le paradoxe : l’éternité ne prend en elle-même pas de temps, mais on peut bien prendre l’éternité à la trouver. Quand on la trouve, on comprend qu’on a le temps…

Partager : Cette partie est peut-être encore plus délicate. Écrire sur un blogue, est-ce partager ? Citer, d’une mémoire défaillante, la Divine comédie de Dante à Auschwitz en 1944, est-ce partager ? Si un réel « partage » tel que nous l’entendons ici est possible, il doit transcender ses conditions matérielles d’apparition, c’est-à-dire s’élever au-dessus de toutes ces attaches terrestres qui sont ses obstacles autant que ses conditions de réalisation, aussi quétaine et « spiritualiste » que cela puisse sembler. On peut certes affirmer avec Marx que la matière détermine la conscience, la chose qu’on cherche ici à partager se situe peut-être au-delà même de la conscience telle que nous l’entendons ordinairement. Et malgré ce que les propos qui précèdent peuvent laisser croire, l’auteure de ces lignes, en bonne sceptique, n’affiche aucune croyance particulière en une quelconque réalité spirituelle, simplement une intuition qu’aucun langage platement matérialiste ne peut traduire…

« Je retiens Pikolo : il est absolument nécessaire et urgent qu’il écoute, qu’il comprenne ce « come altrui piacque » avant qu’il ne soit trop tard; demain lui ou moi pouvons être morts, ou ne plus jamais nous revoir; il faut que je lui dise, que je lui parle du Moyen Âge, de cet anachronisme si humain, si nécessaire et pourtant si inattendu, et d’autre chose encore, de quelque chose de gigantesque que je viens d’entrevoir à l’instant seulement, en une fulgurante intuition, et qui contient peut-être l’explication de notre destin, de notre présence ici aujourd’hui… » (ibid., p.179)

Le chapitre du chant d’Ulysse est l’histoire d’une traduction. Mais ce n’est pas une traduction banale au sens simplement linguistique. L’écrivain Jacques Poulin a écrit un roman intitulé « La traduction est une histoire d’amour. » Amour du texte, amour des mots, amour du destinataire pour qui on donnera le meilleur de soi-même et qui enrichira lui-même le texte de son propre horizon de sens… On dira aussi, en nuançant pour plus de précision : la vie est une histoire d’amour avec une dimension de profondeur qui cherche les coins ombrageux, et nos pensées comme nos paroles sont une tentative, jamais totalement fructueuse, de faire apparaître la lumière, de traduire en langage humain, pour soi-même et les autres, les codes, ultra-humains et pourtant totalement humains, de cet amour.

À bien y penser, ce chapitre, en apparence banal, est peut-être le tournant capital, et la raison d’être, du livre.


De l’esprit de jugement

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. »

Descartes, Discours de la méthode, Gallimard Folio, 1991, p.75

« Donc, tant que l’esprit compare, il n’est point d’amour, et pourtant l’esprit ne cesse de juger, de comparer, de chercher la faille, le point faible. Là où il y a comparaison, il n’y a point d’amour. »

Krishnamurti, De l’amour et de la solitude, Éditions Stock, 1998, p. 41

Nous sommes des machines à produire des jugements. Tout ce que nous voyons, sentons et entendons est, consciemment ou non, mesuré, pesé, analysé, classifié, étiqueté; accepté ou refusé, ami ou ennemi, avec ou contre nous. Bien rares sont les occasions où quelque chose échappera à ce processus.

Et il est toujours étonnant de voir à quel point deux personnes, tout également censées et informées d’une question qu’elles puissent être, peuvent exercer sur celle-ci des jugements différents ou même contradictoires, tout en étant (ou semblant, du moins, par leur attitude) convaincues que ce jugement est le seul valable. Chacun a sa petite forteresse intérieure, qui n’a rien de la citadelle stoïcienne, isolée par le jugement des forteresses voisines.

On peut bien construire à l’occasion des passerelles et des échelles de corde, par les mots, les gestes ou les regards, et on sait bien, ne serait-ce que confusément, que les autres ont effectivement chacun leur forteresse remplie (formée ?) de leurs jugements, qui a, pour eux, la même valeur que pour nous. On ne voit pas que ce n’est qu’un château de cartes qu’on élève en forteresse. Là est bien le problème.

Quelquefois, souvent peut-être, il faut faire des jugements, il faut décider. Il faut choisir si on va se marier ou non et décider de ce qu’on mangera au souper. Les cas les plus triviaux sont intéressants, car en effet on fait un choix qui élimine d’emblée toutes les autres possibilités, et on le fait généralement sans trop hésiter, sans regarder en arrière (autrement, on ne mangerait plus), mais aussi sans en faire un absolu métaphysique, c’est-à-dire sans lui donner la solidité d’un mur de forteresse. On sait très bien, quand on choisit la saveur de notre pizza, que ce n’est qu’un jugement sur une pointe de pizza. Rien de très sérieux; on peut en rire, car cela n’affecte pas les idées que nous nous faisons sur notre identité personnelle.

Ce n’est pas une question de relativisme contre dogmatisme. Le relativiste ne fait aucun choix, pas, en tout cas, sur les problèmes sérieux. La question est de savoir si on reste conscient ou non de l’origine du choix ou du jugement. L’important est de garder une sorte de faculté d’autodérision capable de voir son jugement comme un simple jugement, tout en le croyant valable. Faire en toutes choses comme pour la pizza : choisir le meilleur sans hésiter, mais sans s’enfler la tête pour autant.


Le silence et le grand malentendu

La spiritualité est généralement affaire de silence. Dans beaucoup de traditions religieuses, on retrouve le même encouragement à chercher, dans une intimité sans bruit, la voix du divin en nous. La prière, la méditation, beaucoup de cérémonies religieuses se font dans le silence. Même dans la musique et les chants religieux, on trouve une sorte de calme, cet espace libre qui laisse poindre la voix du silence. Par ce silence, pourtant, ce n’est pas une mise à l’écart hors du monde mais une relation profonde à l’autre qui est recherchée.

Dans le langage courant, le silence est opposé au bruit, à la musique, à la parole, aux différents moyens de communication. Ce sont eux qui sont, plus que le silence, le plus souvent associés à l’idée de relation. Mais peut-être la parole et le son sont-ils surévalués. Bien sûr, ce sont des aides essentielles : on peut difficilement entrer en contact avec quelqu’un sans commencer par prononcer ou écrire quelques mots. Mais, ces mots, on les utilise plus qu’à leur tour; pas toujours, peut-être même assez rarement, pour établir ou entretenir le contact. On utilise les mots pour passer le temps, pour épater la galerie, pour oublier qu’on est seul, pour manipuler. Les mots entretiennent souvent nos illusions plus que nos relations. Même bien intentionnés, ils ratent souvent leur cible. Mesquineries et maladresses enlevées, il ne reste peut-être plus que la grâce, qui se passe bien de mots.

Combien de paroles sont nécessaires si on veut s’en tenir à la stricte communication ? Assez peu, si on se fie à l’expérience des vieux couples (nous en connaissons tous) et, en ce qui me concerne, au témoignage d’amis, armés d’un espagnol rudimentaire, ayant séjourné dans un monastère en Espagne. On peut aussi constater qu’une part importante des expériences de communication « normales » et quotidiennes se passe dans le sous-entendu, dans la capacité à partager le silence, dans la confiance mutuelle, dans le sentiment d’être accepté sans jugement. C’est peut-être dans le silence qu’on parle le plus. Si on met des mots autour, c’est pour mieux mettre en évidence ce trésor, comme le cadre fait ressortir le chef-d’oeuvre.

Ou peut-être tout ceci n’est-il qu’une manière sophistiquée de justifier un manque de talent pour la conversation ?

J’ai la conviction qu’une fois qu’on a réellement embrassé le silence, celui-ci reste avec nous comme la lune qui est là même quand le ciel est couvert. Dans mon expérience personnelle, c’est souvent dans une foule ou au milieu de beaucoup de gens que j’ai ressenti la solitude avec le plus de force. Peut-être en va-t-il du vrai silence, celui qui nous colle à la peau et nous rappelle que nous ne sommes jamais seuls : c’est au cœur du bruit le plus tonitruant et le plus inutile qu’il éclate dans toute sa splendeur.