Parle avec elle / Ce n’est pas moi

Éloignes-toi de ma fenêtre
S’il est vrai que rien ne se perd
Pars au rythme qui te plaira
L’amour vain n’existe pas
Je ne suis pas celui que tu cherches
Et celui qui se déverse au milieu des cailloux
Je ne suis pas celui qu’il te faut
Et celui qui est pure folie (lequel ne le sera pas ?)
Tu dis que tu cherches quelqu’un
Comme la mort rejoint la vie
Sans faiblesse, toujours fort
Comme la goutte d’eau rejoint la fleur
Qui puisse te protéger, te défendre
Par des canaux microscopiques
Que tu aies tort ou raison
Forment des nappes phréatiques
Quelqu’un qui t’ouvrirait toutes les portes
Où une souterraine communauté
Mais ce n’est pas moi
Qui s’abreuve à sa source
Non, non, non, ce n’est pas moi
Invente les coïncidences
Ce n’est pas moi que tu cherches
Et organise le cours des saisons


La toune du perpétuel déménagement

(Pour se changer les oreilles des chansons de Gerry Boulet)

En égrenant les minutes d’une journée morose
Tu perds ton temps d’une manière un peu trop désinvolte
À faire les cent pas dans les rues qui t’ont vu grandir
À attendre je ne sais quoi, une sorte de signal

Fatigué par le soleil
Et les longues journées pluvieuses
Tu es jeunes, la vie est longue
Et tu as du temps à tuer
Et un jour tu découvres
Dix années sont passées
Et personne ne te l’avait dit
Tu as manqué le départ

Et tu cours, tu cours pour rattraper le soleil qui disparait
Dans le couchant pour revenir dans ton dos à nouveau
Le soleil semble être resté le même, mais tu as vieilli
Plus essoufflé et à un jour de moins de ta mort

Chaque année un peu plus courte
Tu n’as plus jamais le temps
Tes projets demeurent néant
Ou brouillons au fond d’un tiroir
Tu as ta manière de t’accrocher à un lent désespoir
Le temps n’est plus
La chanson s’achève
J’aimerais avoir autre chose à dire…

Chez moi, à nouveau
J’aime être ici quand je le peux
Quand je rentre transi et fatigué
La chaleur du feu est bonne pour mes vieux os
Au loin dans la vaste plaine
L’appel de la grande cloche
Met les fidèles à genoux
Pour entendre les mots de la magie


Story of my life #42212

(Pour A.B.)

Aujourd’hui je suis plus vieille
Que ma mère et mon père
Quand ils ont eu leur fille
Qu’est-ce que cela dit sur moi ?

Oh, combien je rêve
D’un amour sincère et vrai
Pourrai-je mettre fin à cette
Infinie quête de moi ?

Oh, la fille que j’ai été !
Oh fille, oh femme, oh moi !

Dans le manque ou l’excès
L’esclave et l’impératrice
Redeviendront poussière, j’imagine
Nues comme au premier jour

Je ne sais pas si je verrai
Des visages au-dessus de moi
Ou seulement des fissures au plafond
Personne d’autre à blâmer ?

Oh, la fille que j’ai été !
Oh fille, oh femme, oh moi !

Bijoux et dents en or
Tout le contenu de ma dot
Jetez-les dans la tombe avec moi
Enterrez-les avec mon nom
À moins qu’un jour j’arrive
À me sauver de mon esprit vagabond

Oh, la fille que j’ai été !
D’Osaka à Montréal
Oh fille, oh femme, oh moi !


Ring Them Bells (Freedom has Come and Gone)

Sonnez les cloches
Sonnez ces cloches de chagrin
La liberté est arrivée

Nous avons attendu si longtemps
Longtemps comme ce n’est pas possible
La liberté nous a quittés

Remue cette queue
Comme toute autre âme inquiète
La liberté est arrivée et elle nous a quittés

Le train à vapeur s’en vient
Ses treize étages de haut
Si ce train ne vient pas
Je jure que je vais m’étendre et mourir

La ville creuse ses canyons
Tout encombrés de neige sale
Et sous ses tours crasseuses
Nos petits corps sont traînés aux quatre vents

Allez noyez les cloches
Noyez donc ces maudites cloches
La liberté est arrivée et elle nous a quittés

Nous n’étions que des oiseaux chancelants accrochés au ciel
Et nous traînions nos os le long des routes dans le tumulte et sans savoir pourquoi
Et comme nous allions claudiquant vers ces lendemains incertains
Je jure que tout ce à quoi je croyais
C’était à nous ensemble tout le temps

Nous n’étions que deux oiseaux abattus qui tombaient dans le ciel
Nous avons construit nos chaumières le long des routes commerciales sans demander pourquoi
Et comme nous allions claudiquant vers ces lendemains incertains
Je jure que tout ce à quoi je croyais
C’était à nous ensemble tous seuls

Imagine la vue
D’un hélicoptère mitrailleur
Un homme apparaît
Tu appuies sur un bouton
Tu coupes l’homme en deux
Imagine la vue
Quand ils transmettent cette merde par satellite
Ils appuient sur un bouton et à ce moment
Toute la merde du ciel te tombe dessus

Imagine la vue


4 minutes

Ce n’est qu’un mauvais rêve
Bientôt je me réveillerai
Quelqu’un viendra me chercher

Courant, fuyant les bombes
Cachés dans la forêt
Courant dans les champs

Couchés sur le sol
Comme tous les autres
Marchant sur les têtes

Fuyant les souterrains
C’est l’alerte
Vous avez 4 minutes

Je ne veux pas l’entendre
Je ne veux pas savoir
Je veux seulement m’échapper

Ce n’est qu’un mauvais rêve
Bientôt je me réveillerai
Quelqu’un viendra me chercher

C’est l’alerte
Il reste 4 minutes


Une chanson sur les pyramides (pas de moi celle-là)

Je plonge dans le fleuve et que vois-je ?
Des anges aux yeux noirs nagent avec moi
Une lune étoilée où filent les chars célestes

Tous les visages que je voyais
Tous mes amours sont là avec moi
Tout mon passé tout mon futur
Et nous allons au ciel dans une petite barque

Il n’y a rien à craindre, il n’y a aucun doute

Je plonge dans le fleuve…