Thrash can

Qu’allons-nous faire de cette douleur ?
Courir, la fuir ?
Elle nous poursuivra.
La jeter par la fenêtre ?
Il faudrait s’y jeter aussi.
La couper, l’extraire ?
Mais de quel membre l’enlèvera-t-on ?
Dormir ? Elle hantera nos cauchemars.
Prendre des drogues ?
Elle s’amplifiera, on l’hallucinera.
Il n’y a rien à faire.
Dans mon iPod je mettrai de la musique
La plus bruyante possible
À un volume inimaginable
Jusqu’à ce que mes oreilles saignent
Jusqu’à ce que mes tympans éclatent
Jusqu’à ce que la musique soit la plus atroce des douleurs
Jusqu’à ce que je comprenne
Que je suis cette musique
Que je suis cette douleur.

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Fragments polémiques I – L’accouchement sous influence

Je viens de passer en revue le blogue du petit comique qui fait parler de lui ces jours-ci. Je comprends la démarche, d’ailleurs c’est un peu ce que je fais ici. Je ne peux toutefois m’empêcher d’être choquée par certaines des opinions qui y sont exprimées, notamment en ce qui concerne le choix de l’accouchement naturel. Je n’ai jamais été enceinte et je n’ai jamais accouché, mais en tant que femme en âge de le faire, je me sens interpellée. D’autant plus que certaines personnes de ma connaissance ont soit vécu ledit accouchement naturel, soit formulé un désir de le faire mais n’ont pu le réaliser par manque de sages-femmes, et me semblaient avoir des raisons sensées (je tiens d’ailleurs à souligner qu’elles sont toutes moins « granoles » que moi).
On trouve étrange, et même « granole », de ne pas vouloir être sur la dope pendant un moment important de sa vie ? Il ne faudrait peut-être pas que je m’en étonne outre mesure puisque je vis dans une société qui tente d’évacuer la douleur au point de la nier, tout en banalisant au maximum les drogues dites « légales » (bien sûr, la marijuana, c’est mal, il ne faut pas y toucher, pas la regarder, il ne faut même pas la nommer de peur d’éveiller les soupçons, mais on passe pour un malpoli quand on refuse le verre de vin qu’on nous impose à l’arrivée dans une soirée. D’expérience, je peux affirmer qu’il est plus difficile socialement d’arrêter de prendre de l’alcool que de devenir végétarien, deux habitudes pourtant reconnues, même par les médecins, comme bénéfiques pour la santé). Si on peut se permettre d’être saoûl à son propre mariage, pourquoi ne pas se geler à l’accouchement ?
La tâche ingrate de produire la chair à canon nous revient, oui mesdames. Et il ne faudrait surtout pas rester à la maison à s’en occuper, non, il n’y a que les paresseuses qui font ça, il faut avoir une carrière en plus, pas le choix ! Le syndrôme de Martha Stewart, vous connaissez ? Tout ça pour une progéniture qui n’en a pas pour longtemps à vivre, à en juger par la manière dont nous traitons la planète. Mais n’importe, il faut faire des bébés, élément essentiel au fonctionnement de notre économie qui en a particulièrement besoin par les temps qui courent. Faudrait-il en plus le faire à la manière que le médecin nous impose, en rouspétant le moins possible, de préférence en dormant ? Bien sûr ils vont nous servir l’argument de la douleur. Bien sûr, ce doit être douloureux d’accoucher, et probablement bien plus que je l’imagine, mais ne saviez-vous pas que la vie est faite de douleur et de souffrances ? Même avec les anesthésiants les plus parfaits, le jour viendra où, pour une raison ou une autre, la pilule miracle ne sera pas au rendez-vous et il vous faudra affronter la réalité tout seul, alors il vaut mieux être préparé. D’ailleurs, s’il fallait toujours utiliser un moyen aussi grossier pour combattre toute forme de douleur, je me serais probablement jetée par une fenêtre avant d’avoir l’âge de procréer (ok, j’ai dit que je n’allais pas banaliser le suicide. Amis lecteurs, il y a une solution. Je vous en prie, ne vous suicidez pas. Ou plutôt, lisez au moins ce texte de Brad avant).
Madame Laporie se fait un peu plus polémique aujourd’hui. J’espère pour vous que ça ne durera pas. Il se trouve que j’ai deux bonnes amies qui sont enceintes actuellement et j’ai tendance à prendre personnel les questions qui touchent les droits des femmes. Et je préparais justement quelque chose sur ce joyeux thème qu’est la maternité. Cela pourra peut-être intéresser Mme Vintage qui s’étonnait que je sois une femme. Préparez-vous à en avoir d’autres preuves.